Le premier Comité de suivi de RING

Le mercredi 10 juin 2026, le premier Comité de Suivi du programme POCTEFA “RING” (Régions Inclusives pour une Nouvelle Gestion Solidaire des Ressources) a eu lieu à Donostia/San Sebastien dans la province de Gipuzkoa. L’ensemble du consortium s’est retrouvé pour un séminaire de travail. 

Lors de cette journée, trois partenaires associés nous ont fait l’honneur de leur visite : Bil Ta Garbi représenté par Amaia Lissalde (Chargée de mission déchets & économie circulaire), la Région Nouvelle Aquitaine représentée par Heykel Bouazza (Chargé de mission ESS&IS 64), et le réseau ReNAITRe représenté par Clémence Souchard (chargée de mission). Était également présent le prestataire IK Ingenieria, représenté par Laila Essamari et Viktoria Diadiusha. 

C’est BATUZ qui a reçu le consortium cette fois. Les échanges ont d’abord eu lieu dans les locaux de NaturKlima, Fondation pour le changement climatique de Gipuzkoa :  

Depuis le lancement du projet, plusieurs actions structurantes ont été engagées. La gouvernance est opérationnelle avec l’organisation de réunions de consortium, d’un premier comité de suivi et la mise en place des outils de pilotage. Une identité visuelle, l’actualisation des sites internet et un plan de communication ont été créés. Les études ont démarrées avec la définition des méthodologies, le lancement des analyses réglementaires et la préparation des questionnaires. Des visites de terrain et des immersions professionnelles ont également été réalisées afin d’alimenter la future offre de formation.

Les partenaires poursuivent actuellement les études sur le cadre réglementaire, l’écosystème du mobilier professionnel et les modèles économiques du réemploi. Les questionnaires et indicateurs communs sont en cours de finalisation. Le programme de formation se construit à partir d’observations de terrain et d’entretiens avec des professionnels. Côté expérimentation, BATUZ travaille à la définition/formulation des processus de collecte, tri, stockage, traçabilité et commercialisation, ainsi qu’à l’identification des besoins techniques, organisationnels et opérationnels pour le déploiement opérationnel du réemploi de mobilier professionnel. AIMA poursuit quant à elle la recherche de locaux dans des PVD (Petites Villes de Demain, étant pressenties les villes de Mourenx, Hasparren et Mauléon) et la consolidation du modèle économique des futures boutiques solidaires rurales.

Après la réunion, deux visites ont eu lieu. D’abord, le centre de tri de BATUZ, situé à Urnieta.

Ce centre de tri est spécialisé dans les DEEE et les encombrants. Aucun textile n’y est traité et aucune vente n’y est réalisée. Les objets collectés auprès des particuliers, collectivités et professionnels sont triés, réparés si nécessaire puis orientés vers les boutiques du réseau. Tous les sites de BATUZ sont en location, sauf le siège (bureaux). La visite, conduite par Marta, responsable des encombrants et ancienne antiquaire (une compétence précieuse), a permis de découvrir les espaces dédiés aux livres, jouets, vaisselle et objets de brocante.

La pertinence des collectes à domicile sont évaluées à partir de photographies, puis ajustées sur le terrain grâce à des tablettes numériques utilisées par les collecteurs. Quand les objets ne sont pas dignes d’être réemployés, ils font payer leur service d’enlèvement de déchets, qu’ils font payer sur place. Un réajustement peut être effectué sur place lors de la collecte, si la promesse de don n’est pas fidèle à la réalité (la facturation augmente). Le site emploie quatre salariés permanents dans le hangar, une quinzaine de collecteurs et huit à dix fourgons sur la route au quotidien (soit en collecte, soit assurant la logistique entre les sites de BATUZ).

Le centre de tri est aussi un endroit de réparation, tant qu’elles sont viables économiquement, principalement pour des objets d’exception. Toutes les collectes passent par cette plateforme de tri, qui redistribue ensuite en boutiques. Les boutiques formulent une liste de leurs besoins en réapprovisionnement. Chaque boutique fixe ses prix en recevant les livraisons à partir de consignes harmonisées, sauf les objets d’antiquaires dont Marta fixe le prix depuis le centre de tri. Le centre de tri n’accepte pas les apports volontaires : ils n’ont lieu qu’en boutique, où les apports sont très qualitatifs, sûrement en raison de l’accueil humain des équipes sur place. BATUZ ne fait aucune vente en ligne et ne souhaite pas en faire, car leur cœur de métier est l’insertion. Dans le centre de tri de Urnieta, tous les flux sont pesés et suivis via des tableaux Excel (pas de logiciel à ce jour : le travail est en cours). Chaque roll de matériel indique le flux, la provenance, la date, le poids. Les EEE remis en vente bénéficient d’une garantie d’un an. La structure est également confrontée à la crise mondiale du textile : seuls 15 % des textiles collectés sont réemployés, le reste étant difficilement valorisable. BATUZ participe par ailleurs à des projets innovants, notamment un programme européen LIFE consacré à la récupération et au réemploi des plaques de cuisson, en partenariat avec l’Université de Mondragón. Au moment de notre visite, le centre de tri accueille des apprenants (formation en menuiserie), qui illustre bien leur approche combinant économie circulaire, innovation et insertion professionnelle.

Les membres du consortium ont ensuite visité la boutique BATUZ de Hernani.

La visite a été menée par Lara, coordinatrice des six boutiques du réseau, a permis de mieux comprendre leur fonctionnement des boutiques et leur rôle. Les dons proviennent de trois canaux : les collectes à domicile, les bornes de collecte et les apports volontaires en boutique, considérés comme les plus qualitatifs, certainement en raison de l’accueil humain des équipes sur place. En principe, tous les objets transitent ensuite par le centre de traitement afin d’être pesés, triés et suivis, puis sont redistribués aux boutiques.

Chaque boutique emploie un responsable, un salarié permanent et de un à quatre salariés en insertion, sans recours au bénévolat. Les contrats d’insertion peuvent durer jusqu’à trois ans en Espagne. Le modèle économique repose sur la vente en magasin, qui couvre uniquement les coûts de fonctionnement des boutiques, complétée par des financements publics, des prestations aux particuliers, les soutiens de l’éco-organisme DEEE et les aides à l’insertion.

BATUZ cherche aujourd’hui à faire de ses boutiques de véritables lieux de vie, de sensibilisation et d’animation locale. Des actions sont menées avec les écoles et différents acteurs du territoire. À Hernani, un atelier de réparation textile est expérimenté, avec une machine à coudre en libre accès pour les visiteurs, ainsi que des prestations à prix abordables. Cette initiative favorise à la fois l’emploi, le réemploi et attire de nouveaux publics qui découvrent alors les activités de BATUZ. Un changement des publics a été observé ces dernières années : d’acheteurs aux portefeuilles limités, à de nouveaux acheteurs qui viennent chiner de jolis objets, ou qui viennent par conscience écologique et solidaire.

La journée s’est terminée avec un déjeuner de travail à l’heure espagnole, du milieu à la fin de l’après-midi. Encore un immense merci à BATUZ pour son accueil, et à l’ensemble des partenaires pour leur présence et pour le travail de qualité fourni dans le cadre de ce projet POCTEFA auquel nous donnons chair ensemble jour après jour. Merci au programme POCTEFA, à l’ensemble des membres du consortium, des partenaires associés et des soutiens de ce projet RING, qui œuvrent pour des futurs désirables.